Le sommaire (9)
Le sommaire
C'est quoi la facture électronique ?
La confusion à éviter
Une facture éditée en PDF, même signée et même envoyée par e-mail, n'est pas une facture électronique au sens de la réforme. Le PDF est une image de facture : lisible par un humain, opaque pour un ordinateur. La réforme demande la donnée elle-même.
On appelle facture électronique une facture qui naît, circule et se conserve sous forme de données, sans jamais passer par le papier. Trois éléments la caractérisent, et ils vont ensemble :
- Un format structuré — la facture est un fichier XML dont chaque information occupe un champ nommé : ICE du vendeur, ICE de l'acheteur, date, désignation, quantité, prix hors taxe, taux et montant de TVA, total, mode de paiement. Deux standards internationaux sont retenus, UBL 2.1 et CII.
- Une signature électronique — apposée avec un certificat délivré par un prestataire de services de confiance, elle garantit l'identité de l'émetteur et l'intégrité du contenu. C'est l'équivalent numérique du cachet et de la signature, encadré par la loi n° 43-20 relative aux services de confiance pour les transactions électroniques.
- Une transmission contrôlée — la facture ne va pas directement du fournisseur au client : elle passe par la plateforme de la DGI, qui vérifie sa conformité et la valide.
Ce qui change par rapport à une facture ordinaire
| Facture papier ou PDF | Facture électronique | |
|---|---|---|
| Nature | Un document mis en page | Un jeu de données structurées |
| Contrôle | A posteriori, lors d'un contrôle fiscal | Immédiat, au dépôt sur la plateforme |
| Validité | Acquise dès l'émission | Acquise après validation par la DGI |
| Erreur de mention | Se découvre des mois plus tard | Rejet immédiat, à corriger tout de suite |
| Saisie chez le client | Manuelle, ou par lecture optique | Automatique : le fichier alimente sa comptabilité |
| Archivage | Classeurs, ou fichiers épars | Conservation numérique inaltérable |
Le vocabulaire varie — e-facture, facture dématérialisée, facturation électronique — mais désigne la même chose. Attention en revanche à un faux ami : la dématérialisation au sens large (envoyer un PDF plutôt qu'un papier) n'est pas la facturation électronique au sens fiscal.
Ce que dit la loi marocaine
La réforme ne sort pas de nulle part : elle s'appuie sur un texte voté il y a plusieurs années, et sur un décret qui, lui, n'est pas encore là.
Le principe : l'article 145-IX du CGI
La loi de finances 2018 a ajouté à l'article 145 du Code général des impôts un paragraphe IX qui impose aux contribuables soumis à l'impôt sur les sociétés, à l'impôt sur le revenu au titre des revenus professionnels (régime du résultat net réel ou simplifié) et à la TVA de « se doter d'un système informatique de facturation qui répond aux critères techniques déterminés par l'administration ». Le même texte renvoie les modalités d'application à la voie réglementaire. C'est cette phrase, et elle seule, qui fonde toute la réforme.
Ce que la facture doit déjà porter
Les mentions obligatoires, elles, s'imposent depuis longtemps. L'article 145-III exige des factures pré-numérotées portant l'identité du vendeur, son identifiant fiscal, la date de l'opération, les nom et adresse de l'acheteur, la nature, la quantité et le prix des marchandises ou services, le montant de la TVA réclamée en sus du prix, ainsi que les références et le mode de paiement. L'article 145-VIII y ajoute l'ICE — l'identifiant commun de l'entreprise — obligatoire sur les factures depuis 2016.
Ce que la loi de finances 2026 a changé
La loi de finances 2026 (n° 50-25), promulguée par le dahir n° 1-25-67 du 10 décembre 2025, publiée au Bulletin officiel du 16 décembre 2025 et en vigueur depuis le 1er janvier 2026, a poursuivi la marche vers le tout-numérique sans traiter directement de la facture :
- la comptabilité doit être tenue en format électronique conformément à la législation en vigueur — le renvoi à un texte réglementaire qui n'avait jamais été publié disparaît de l'article 145-I ;
- le contribuable communique à la DGI une adresse électronique de son choix : l'obligation de passer par un prestataire de certification tombe.
La note circulaire n° 737 de la DGI, publiée en février 2026, commente ces mesures une à une. Elle ne fixe en revanche aucun calendrier de facturation électronique.
Qui est concerné
À terme, toute entreprise qui facture. Dans l'immédiat, l'ordre de passage est annoncé, pas décrété.
Le périmètre écrit dans la loi
L'article 145-IX vise les assujettis à l'IS, les assujettis à l'IR professionnel au régime du résultat net réel ou simplifié, et les assujettis à la TVA. Autrement dit : les sociétés, et les personnes physiques qui exercent une activité professionnelle sous un régime réel. Les régimes forfaitaires et le statut d'auto-entrepreneur ne sont pas visés par ce texte à ce stade.
L'ordre de déploiement annoncé
| Flux | Où en est-on |
|---|---|
| B2B — entre entreprises | C'est le chantier en cours. Les grandes entreprises d'abord, puis les PME, puis les TPE — avec, selon la DGI, une approche dédiée aux plus petites structures. |
| B2G — vers le secteur public | Déjà largement dématérialisé. Les fournisseurs des établissements et entreprises publics déposent leurs factures sur la plateforme AJAL du ministère de l'Économie et des Finances, ouverte par paliers depuis 2021 selon le montant de la commande. |
| B2C — vers les particuliers | Repoussé. La DGI a indiqué que le B2C viendrait après la consolidation du B2B, et supposerait des mesures d'incitation propres. |
Si vous vendez à des entreprises, vous êtes donc concerné des deux côtés : comme émetteur de vos factures, et comme destinataire de celles de vos fournisseurs — c'est souvent par là que la réalité arrive en premier, quand un grand donneur d'ordre demande à ses fournisseurs de basculer avec lui.
Le calendrier : ce qui est annoncé, ce qui ne l'est pas
Méfiez-vous des calendriers trop précis
De nombreux sites annoncent des seuils au dirham près : obligation au 1er janvier 2026 au-delà de 200 millions de DH de chiffre d'affaires, au 1er juillet 2026 entre 10 et 200 millions, au 1er janvier 2027 au-delà de 500 000 DH. Aucun de ces chiffres ne figure dans un texte publié ni dans une communication officielle de la DGI. Ils circulent d'un article à l'autre. Ne bâtissez pas votre plan de mise en conformité dessus.
Ce qui s'est réellement passé
- Loi de finances 2018 — le principe du système informatique de facturation entre dans le CGI (article 145-IX), avec renvoi au réglementaire.
- 2024 — la DGI attribue le marché de la plateforme nationale, après appel d'offres international, à la société marocaine xHub, pour 6,3 millions de dirhams. Une consultation publique est lancée à l'automne.
- 2025 — phase pilote : des entreprises volontaires testent la plateforme en conditions réelles, émettent des factures de test et font remonter leurs observations.
- 16 avril 2026 — le directeur général des impôts, Younès Idrissi Kaitouni, confirme publiquement un lancement courant 2026 : la plateforme est développée, testée et réceptionnée, le déploiement sera progressif et segmenté, il commencera par le B2B et par les grandes entreprises. L'avant-projet de décret est alors au Secrétariat général du gouvernement.
- 6 septembre 2026 — le décret d'application n'est toujours pas publié au Bulletin officiel. Tant qu'il ne l'est pas, aucune date d'entrée en vigueur ni aucun seuil ne sont opposables.
Ce que le décret devra dire
- le calendrier d'entrée en vigueur, catégorie d'entreprise par catégorie d'entreprise ;
- les seuils qui déterminent l'ordre de passage ;
- les modalités techniques : formats acceptés, mode de raccordement, données obligatoires, délai de dépôt ;
- le sort des sanctions propres au dispositif, qui n'existent pas encore.
La bonne posture n'est donc ni l'affolement ni l'attentisme : les gestes de préparation utiles, décrits plus bas, ne dépendent d'aucun décret.
Comment ça marche, étape par étape
Le Maroc a retenu le modèle de clearance — la validation préalable par l'administration —, l'un des plus exigeants qui existent. Concrètement, une facture suit ce circuit :
- Émission — votre logiciel de gestion produit la facture au format structuré (UBL 2.1 ou CII) au lieu de l'imprimer.
- Signature — le fichier est signé électroniquement avec votre certificat, ce qui scelle son contenu et prouve qui l'émet.
- Transmission — la facture est déposée sur la plateforme de la DGI, depuis votre logiciel ou depuis le portail de saisie.
- Validation — la plateforme vérifie le format, la signature et les données obligatoires, puis valide la facture et lui attribue un identifiant.
- Réception — la facture validée est mise à disposition de votre client, avec la confirmation qu'elle a bien été acceptée.
- Archivage — chacun conserve le fichier validé, sous une forme inaltérable, pendant la durée légale de conservation.
Si la plateforme rejette la facture — un ICE erroné, une mention manquante, une signature invalide —, elle n'est pas émise. Vous corrigez et vous redéposez. C'est le changement le plus profond : le contrôle passe d'après à avant.
Deux façons de s'y raccorder
| Voie | Pour qui | Ce que ça suppose |
|---|---|---|
| Le portail de saisie | Petites structures, faible volume | Un navigateur et un certificat de signature. La DGI a annoncé un outil de saisie en ligne gratuit, sur le portail fatourati.gov.ma, sans logiciel à installer. |
| Le raccordement du logiciel | Entreprises équipées d'un ERP ou d'un logiciel de facturation | Une interface d'échange entre votre système et la plateforme : les factures partent et reviennent automatiquement, sans ressaisie. C'est le travail de votre éditeur. |
Le rôle de tiers de confiance certifiés, chargés de porter les flux pour le compte des entreprises, est évoqué pour plus tard ; au démarrage, c'est la DGI qui assure elle-même la validation.
Deux confusions fréquentes
- fatourati.gov.ma n'est pas fatourati.ma. Le second est un service de paiement de factures d'eau, d'électricité ou de télécoms : rien à voir avec la facturation fiscale.
- Ce n'est pas la réforme française. La France est passée par des plateformes privées agréées et par Chorus Pro pour le secteur public ; le Maroc a choisi une plateforme publique qui valide elle-même chaque facture. Un dispositif conçu pour la France ne rend pas conforme au Maroc.
Ce qui change dans votre entreprise
Les trois effets à anticiper
Le rejet remplace le redressement — une donnée fausse bloque la facture au lieu d'être découverte au contrôle · l'ICE de votre client devient critique · la DGI voit les flux au fil de l'eau, plus seulement à la déclaration.
La qualité des données cesse d'être un détail
Aujourd'hui, une facture avec un ICE erroné part quand même : le problème se découvre des mois plus tard, au mieux chez le comptable, au pire lors d'un contrôle. Demain, elle est rejetée à la seconde. Votre fichier clients — raison sociale exacte, ICE, adresse, identifiant fiscal — devient une pièce du dispositif de facturation, pas un simple carnet d'adresses.
La numérotation et les mentions deviennent bloquantes
Séquence de numérotation continue, mentions de l'article 145, taux et montants de TVA cohérents : ce qui relevait de la bonne tenue devient une condition d'émission.
L'archivage devient numérique, et long
L'article 211 du CGI impose la conservation des documents comptables pendant dix ans. Il faut donc prévoir où seront conservées les factures validées, sous une forme qui préserve leur intégrité et permette de les retrouver en cas de contrôle. Un dossier sur un poste de travail n'est pas un archivage.
L'administration voit les flux en temps réel
C'est l'objectif de la réforme : lutter contre les fausses factures et la sous-déclaration, et fiabiliser la TVA. Un expert cité par la presse économique évalue le préjudice des fausses factures à plusieurs dizaines de milliards de dirhams. À terme, cette matière permet de pré-remplir des déclarations et de cibler les contrôles au lieu de les élargir.
Les délais de paiement deviennent incontestables
La loi n° 69-21 sur les délais de paiement impose déjà aux entreprises dépassant 2 millions de dirhams de chiffre d'affaires une déclaration trimestrielle à la DGI, par voie électronique, sous peine d'amendes allant de 5 000 à 250 000 dirhams. Avec une date de facture horodatée par la plateforme, le point de départ du délai n'est plus discutable — dans un sens comme dans l'autre.
Ce que vous y gagnez
- plus de ressaisie : la facture reçue alimente directement votre comptabilité ;
- un rapprochement facture-commande-livraison automatisable ;
- des relances plus rapides, parce que la date de réception est établie ;
- la fin des litiges sur « je n'ai jamais reçu la facture ».
Ce que vous risquez
Le vrai risque n'est pas l'amende
Une facture non conforme fait perdre à votre client la déduction de la charge et de la TVA correspondante. Un client qui ne peut pas déduire est un client qui conteste, qui retient le paiement, et qui finit par changer de fournisseur. C'est là que se situe le coût, bien avant la pénalité.
Il faut être clair : aucune sanction propre à la facturation électronique n'a été publiée à ce jour. L'article 145-IX renvoie les modalités au réglementaire, et le décret attendu — ou une loi de finances ultérieure — dira ce qu'il en est.
En attendant, les sanctions générales du CGI, elles, s'appliquent déjà :
| Texte | Manquement | Sanction |
|---|---|---|
| Article 191 bis | Comptabilité tenue par procédé électronique, documents non présentés sous format électronique lors d'un contrôle | 50 000 DH par exercice vérifié |
| Article 198 ter | Omission ou inexactitude de l'ICE sur une facture | 100 DH par omission ou inexactitude, dans la limite de 5 000 DH par exercice |
| Articles 146 et 106 | Charge non justifiée par une facture régulière | Réintégration de la charge et perte du droit à déduction de la TVA |
La troisième ligne est la plus lourde, et elle ne se chiffre pas en amende : elle se chiffre en impôt supplémentaire, du côté de celui qui a reçu la facture.
Comment s'y préparer dès maintenant
Rien de ceci n'attend le décret
Les sept gestes ci-dessous sont soit déjà obligatoires, soit utiles quel que soit le calendrier retenu. Ce sont les seuls investissements qui ne peuvent pas être perdus.
- Nettoyez votre fichier clients — raison sociale exacte, adresse, identifiant fiscal et surtout ICE à 15 chiffres. C'est la donnée qui fera rejeter vos factures, et c'est la plus longue à remettre d'aplomb.
- Vérifiez vos mentions — reprenez une facture au hasard et confrontez-la à l'article 145-III : identité, identifiant fiscal, ICE, date, désignation, quantités, prix, TVA, mode de paiement.
- Contrôlez votre numérotation — une séquence chronologique continue, sans trou ni doublon, sur toute l'année.
- Interrogez votre éditeur de logiciel — la seule question qui compte : « à quelle date votre solution produira-t-elle de l'UBL 2.1 ou du CII et se raccordera-t-elle à la plateforme de la DGI ? » Une réponse floue est une réponse.
- Prévoyez la signature électronique — identifiez qui, dans l'entreprise, détiendra le certificat, et auprès de quel prestataire de services de confiance.
- Organisez l'archivage — dix ans de factures numériques, sauvegardées, retrouvables et non modifiables.
- Formez la personne qui facture — la difficulté de cette réforme est organisationnelle avant d'être technique : c'est le geste quotidien qui change, pas seulement le logiciel.
Les entreprises qui traitent déjà avec le secteur public par la plateforme AJAL ont, sur ce chemin, une longueur d'avance : elles ont déjà appris à faire circuler une facture sans papier.
iris.ma et la facture électronique
Nous vendons majoritairement à des entreprises, des administrations et des associations : la question « comment recevrai-je ma facture ? » est légitime, et voici notre réponse.
iris.ma proposera la facture électronique à ses clients, dans les standards prévus par la réforme, dès son entrée en vigueur. Vos factures seront émises au format structuré exigé, signées, déposées sur la plateforme de la DGI et mises à votre disposition une fois validées — sans démarche de votre part et sans changement dans votre façon de commander. Nous suivons les travaux de la DGI et la publication du décret pour être prêts le jour où l'obligation s'appliquera à notre catégorie d'entreprise.
Ce qui existe déjà aujourd'hui
- une facture conforme avec ICE pour chaque commande professionnelle ;
- un devis établi à votre nom, à faire valider par votre direction ou votre comptable ;
- vos documents de commande accessibles dans votre compte, à tout moment ;
- les services attendus par un service achats — notre espace pro les détaille.
Le geste utile, de votre côté
Renseignez dès maintenant, dans votre compte, la raison sociale exacte et l'ICE de votre entreprise. Ce sont ces deux informations qui seront contrôlées par la plateforme au moment de valider vos factures : un ICE juste aujourd'hui, c'est une facture qui passera demain. Notre propre ICE et nos immatriculations figurent sur nos mentions légales.
Pour une commande professionnelle, une demande de devis ou une question sur vos documents, passez par notre formulaire de devis : vous obtenez une réponse d'un interlocuteur, pas un accusé de réception automatique.
Questions fréquentes
La facture électronique est-elle obligatoire au Maroc en 2026 ?
Le principe est inscrit dans la loi depuis 2018 (article 145-IX du Code général des impôts) et la DGI a annoncé un démarrage courant 2026, en commençant par les échanges entre entreprises et par les plus grandes d'entre elles. Mais l'obligation ne devient opposable qu'avec la publication du décret d'application, qui n'était pas paru au Bulletin officiel au 6 septembre 2026. Aucune entreprise n'est donc en infraction aujourd'hui parce qu'elle facture encore en PDF.
Un PDF envoyé par e-mail est-il une facture électronique ?
Non. Un PDF est une image de facture : un humain la lit, une machine n'en tire rien. La réforme exige un fichier structuré au format UBL 2.1 ou CII, signé électroniquement et validé par la plateforme de la DGI. Un PDF pourra continuer d'accompagner la facture pour le confort de lecture, mais ce n'est pas lui qui fera foi.
Qui sera concerné en premier ?
Les grandes entreprises, sur leurs flux entre entreprises (B2B), selon les annonces de la DGI d'avril 2026. Les PME puis les TPE suivront, avec une approche adaptée, et les factures aux particuliers (B2C) viendront plus tard. Les seuils de chiffre d'affaires qui circulent sur internet ne proviennent d'aucun texte publié : seul le décret d'application les fixera.
Que faut-il pour émettre une facture électronique ?
Trois choses : un outil capable de produire le format structuré exigé — votre logiciel de gestion mis à jour, ou le portail de saisie en ligne que la DGI a annoncé pour les petites structures —, un certificat de signature électronique délivré par un prestataire de services de confiance, et un référentiel clients propre, l'ICE en tête.
Combien de temps faut-il conserver ses factures électroniques ?
Dix ans, comme les autres documents comptables : c'est la durée de conservation prévue par l'article 211 du Code général des impôts. La conservation doit préserver l'intégrité des fichiers et permettre de les présenter en cas de contrôle.
La réforme marocaine est-elle la même que la réforme française ?
Non, et c'est important si vous travaillez avec des groupes français. La France s'appuie sur des plateformes privées agréées et sur Chorus Pro pour le secteur public. Le Maroc a retenu un modèle de clearance où la plateforme de la DGI contrôle et valide elle-même chaque facture avant qu'elle ne parvienne au client. Un outil conforme en France ne l'est pas automatiquement au Maroc.
Et pour les factures adressées à l'État et aux entreprises publiques ?
Elles sont déjà dématérialisées. Les fournisseurs des établissements et entreprises publics déposent leurs factures sur la plateforme AJAL du ministère de l'Économie et des Finances, ouverte progressivement depuis 2021 selon le montant de la commande. C'est un dispositif distinct de la facturation électronique fiscale, mais la même logique de dépôt et de suivi.
Les factures d'iris.ma seront-elles électroniques ?
Oui. iris.ma proposera à ses clients la facture électronique dans les standards prévus par la réforme, dès son entrée en vigueur : facture au format structuré, signée, transmise à la plateforme de la DGI et mise à votre disposition une fois validée, sans démarche de votre part. D'ici là, chaque commande professionnelle donne lieu à une facture conforme portant notre ICE. Pensez à renseigner votre propre ICE dans votre compte — voir l'espace pro.

