Switch, routeur, box : qui fait quoi
La confusion est fréquente, et elle conduit à acheter le mauvais équipement.
- Le switch relie entre eux les appareils d'un même réseau local : postes, imprimantes, caméras, bornes Wi-Fi. Il distribue, il ne décide pas.
- Le routeur fait communiquer deux réseaux différents — typiquement votre réseau local et Internet. Voir les routeurs.
- La box de votre opérateur cumule les deux, plus un point d'accès Wi-Fi, dans un seul boîtier. Ses quatre ports sont vite saturés : c'est la raison la plus courante d'ajouter un switch.
Dès qu'il y a plus de trois ou quatre appareils filaires, ou qu'il faut tirer le réseau vers un autre bureau, le switch devient l'équipement structurant. Et contrairement au Wi-Fi, une liaison filaire ne subit ni interférence ni partage de bande passante : pour un poste fixe, une caméra ou un NAS, c'est toujours préférable.
Combien de ports ? La règle du +30 %
Les switchs se déclinent en 5, 8, 16, 24 et 48 ports. La méthode tient en trois étapes.
- Comptez ce que vous branchez aujourd'hui : postes fixes, imprimantes réseau, caméras, bornes Wi-Fi, téléphones IP, NAS, serveurs.
- Ajoutez 30 %. Un réseau grossit toujours : un poste supplémentaire, une caméra, une imprimante. Repartir en achat six mois plus tard coûte plus cher que la marge initiale.
- Réservez les liens montants. Un ou deux ports servent à relier le switch à la box, au routeur ou à un autre switch. Ce ne sont pas des ports utilisateurs.
Les formats et leurs usages types : 5 et 8 ports pour un bureau, un logement ou une extension ponctuelle ; 12 et 16 ports pour un petit plateau ou une installation de vidéosurveillance ; 24 ports pour un étage ou une PME ; 48 ports pour un cœur de réseau ou un plateau dense.
Un gros switch ou plusieurs petits ?
À nombre de ports égal, un seul switch de 24 ports est plus simple à administrer, moins encombrant et plus fiable que trois switchs de 8 ports chaînés — chaque maillon ajoute un point de panne et une latence. En revanche, si les appareils sont géographiquement dispersés, mieux vaut un switch par zone relié en fibre qu'un câblage de 80 mètres qui traverse le bâtiment.
Switchs les plus commandés
Le débit : Gigabit au minimum
Un switch se caractérise par le débit de ses ports.
- 100 Mb/s (Fast Ethernet) : dépassé. On le trouve encore sur du matériel très bas de gamme et sur certains ports de caméras. Il devient un goulot d'étranglement dès qu'on transfère des fichiers ou qu'on sauvegarde vers un NAS. Nous n'en référençons plus : à l'achat, le gigabit est aujourd'hui le plancher raisonnable, y compris sur les petits modèles.
- 1 Gb/s (Gigabit) : le standard actuel, et le minimum à acheter aujourd'hui. L'écart de prix avec le 100 Mb/s ne justifie plus l'économie. Voir les switchs Gigabit.
- 2,5 et 10 Gb/s : pour les liens montants, les serveurs, le stockage partagé et les bornes Wi-Fi récentes qui dépassent le gigabit. On les réserve généralement à quelques ports, pas à tout le switch.
Le point aveugle : le câblage
Un switch Gigabit ne sert à rien derrière un câblage inadapté. Il faut au minimum du Cat 5e pour le gigabit, du Cat 6 ou 6a pour aller au-delà et pour les longues distances. Si votre bâtiment est câblé en Cat 5 ancien, ou si les prises murales ont été posées il y a quinze ans, c'est là qu'il faut investir en premier — pas dans le switch. Voir nos câbles Ethernet RJ45.
Administrable ou non : le vrai arbitrage
C'est la décision structurante, et elle ne dépend pas de la taille du réseau mais de ce que vous devez en faire.
Non administrable
On le branche, il fonctionne. Aucune configuration, aucune interface, rien à maintenir. Pour étendre un réseau domestique, brancher quelques postes dans un bureau ou relier des appareils dans un atelier, c'est exactement ce qu'il faut — et payer plus n'apporterait rien. Voir les switchs non administrables.
Administrable
Il expose une interface de configuration et apporte quatre capacités qui deviennent vite indispensables en entreprise :
- Les VLAN : séparer logiquement les flux sur un même câblage. C'est ainsi qu'on isole le réseau des caméras de celui des postes, ou qu'on crée un Wi-Fi invité qui n'atteint pas les serveurs. C'est la fonction la plus demandée, et la plus structurante pour la sécurité.
- La qualité de service (QoS) : prioriser certains flux. Indispensable dès qu'il y a de la téléphonie IP ou de la visioconférence — sans elle, un gros téléchargement hache les appels.
- L'agrégation de liens : cumuler plusieurs câbles entre deux switchs pour multiplier la bande passante et assurer une continuité si l'un lâche.
- La supervision : voir l'état de chaque port, mesurer le trafic, recevoir des alertes, diagnostiquer à distance. Sur un réseau de production, cela change la vie le jour d'une panne.
Entre les deux existe une catégorie intermédiaire, souvent appelée « smart » ou « web-managed » : une interface web simplifiée qui donne les VLAN et la QoS sans la complexité d'un switch d'infrastructure. C'est fréquemment le meilleur choix pour une PME. Voir les switchs administrables.
La règle simple
Téléphonie IP, vidéosurveillance, Wi-Fi invité ou plus d'une vingtaine d'utilisateurs → administrable. Sinon, le non administrable suffit et fera très bien son travail pendant dix ans.
Les switchs par famille
Switchs administrables
Le PoE : compter en watts, pas en ports
Le PoE (Power over Ethernet) alimente un appareil par le câble réseau lui-même : plus besoin de prise électrique à proximité. C'est ce qui rend possible une caméra sous un avant-toit, une borne Wi-Fi au plafond ou un téléphone IP sans bloc secteur. Voir les switchs PoE.
Les trois standards
- 802.3af (PoE) : environ 15 W au port. Suffisant pour un téléphone IP ou une caméra fixe simple.
- 802.3at (PoE+) : environ 30 W au port. C'est le standard courant pour les bornes Wi-Fi et les caméras motorisées.
- 802.3bt (PoE++) : 60 à 100 W au port. Pour les caméras chauffantes, les bornes Wi-Fi haut de gamme, certains écrans et points d'accès denses.
L'erreur classique : le budget total
Le piège
Un switch « 8 ports PoE+ » ne délivre pas 30 W sur chacun de ses huit ports. Il dispose d'un budget PoE global — 65 W, 120 W ou 250 W selon les modèles — réparti entre les appareils. Au-delà, il coupe les derniers ports alimentés, souvent par intermittence : un symptôme qui fait perdre des journées de diagnostic.
La méthode : additionnez la consommation réelle de vos équipements — comptez 4 à 12 W pour une caméra fixe, 15 à 25 W pour une borne Wi-Fi récente, 5 à 10 W pour un téléphone IP — puis ajoutez 25 % de marge et vérifiez que le budget annoncé du switch la couvre. Une installation de huit caméras à 8 W demande 64 W plus la marge : un switch à 65 W est déjà trop juste.
Pour alimenter un seul appareil isolé, un injecteur PoE revient bien moins cher qu'un switch PoE complet.
SFP et liens montants : sortir du cuivre
Un câble Ethernet en cuivre est limité à 100 mètres. Au-delà — d'un bâtiment à l'autre, d'un étage à l'autre dans un immeuble ancien, vers un entrepôt — il faut passer à la fibre optique, et cela se fait par les ports SFP.
Un port SFP accueille un module SFP (aussi appelé transceiver) que l'on choisit selon la distance et le type de fibre. Le SFP classique monte à 1 Gb/s, le SFP+ à 10 Gb/s. Voir les switchs à ports SFP.
Trois points de vigilance
- La compatibilité du module. Certains constructeurs n'acceptent que leurs propres modules, ou affichent un avertissement avec les autres. Précisez-nous la marque et le modèle de votre switch : nous vous confirmons le module qui fonctionnera.
- Le type de fibre. Multimode pour les distances courtes à l'intérieur d'un bâtiment, monomode au-delà. Le module doit correspondre à la fibre déjà posée.
- Les liaisons courtes en baie. Entre deux switchs d'une même baie, un câble DAC — module et câble en un seul ensemble — est plus simple et moins cher que deux modules SFP plus une jarretière.
Format, bruit et installation
Bureau ou rackable
Un switch de bureau se pose sur une étagère ou se fixe au mur. Dès qu'il y a une baie informatique, passez au format rackable 19 pouces : le câblage reste propre, l'accès est facile et l'ensemble est protégé.
Le bruit, un critère qu'on oublie
Les switchs rackables de forte densité et la plupart des modèles PoE de puissance sont ventilés. Dans un local technique, aucun problème. Dans un bureau ouvert, une réception ou une salle de réunion, c'est insupportable au bout d'une heure.
Vérifiez systématiquement la mention « fanless » ou « sans ventilateur » si le switch doit vivre dans un espace occupé. Beaucoup de modèles jusqu'à 16 ports en sont dépourvus par conception.
L'alimentation et la protection
Un switch qui redémarre coupe tout ce qui en dépend — postes, téléphones, caméras. Sur une installation professionnelle, il doit être protégé par un onduleur, et son budget PoE compté dans le dimensionnement. Notre guide de l'onduleur explique le calcul.
Quel switch pour quel usage ?
| Votre besoin | Ports | Type | PoE | À vérifier |
|---|---|---|---|---|
| Étendre une box à la maison | 5 à 8 | Non administrable | Non | Gigabit, sans ventilateur |
| Petit bureau, 10 postes | 16 | Non administrable ou smart | Optionnel | Sans ventilateur |
| Vidéosurveillance | 8 à 16 | Smart | PoE+ obligatoire | Budget PoE total |
| PME, un étage | 24 | Administrable | Selon bornes/téléphones | VLAN, 2 ports SFP |
| Téléphonie IP et visio | 24 | Administrable | PoE+ | QoS indispensable |
| Cœur de réseau | 48 | Administrable | Selon usage | Uplinks SFP+ 10G |
| Liaison entre bâtiments | — | Administrable | — | Modules SFP + fibre |
Les erreurs les plus coûteuses
- Compter les ports au plus juste. Un switch plein six mois après l'achat impose d'en chaîner un second, avec un point de panne supplémentaire.
- Confondre ports PoE et budget PoE. Huit ports PoE+ ne font pas 240 W. C'est le budget global qu'il faut lire, et il est souvent très inférieur.
- Acheter administrable sans en avoir besoin. Un switch d'infrastructure mal configuré est moins fiable qu'un switch simple qui fonctionne tout seul.
- Ignorer le câblage existant. Un switch Gigabit sur du Cat 5 ancien ne donnera pas de gigabit. L'audit du câblage vient avant l'achat.
- Mettre un modèle ventilé dans un bureau. Il finira débranché, ou dans un placard fermé où il surchauffera.
- Oublier l'onduleur. Le switch est le point de passage de tout le réseau : s'il tombe, tout tombe.
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Chaque fiche précise le nombre de ports, le débit, le budget PoE, la présence de ports SFP et le mode d'administration — les cinq critères de ce guide. Matériel neuf, garantie officielle constructeur valable au Maroc.
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